LES DIFFERENTS TYPES DE POEMES

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LES DIFFERENTS TYPES DE POEMES

Message  ELYSE le Sam 26 Sep - 8:01


Le sonnet

Le Sonnet est toujours composé de deux quatrains et de deux tercets.

Dans le Sonnet régulier - riment ensemble :

1° le premier, le quatrième vers du premier quatrain ; le premier et le quatrième vers du second quatrain ;
2° le second, le troisième vers du premier quatrain ; le second et le troisième vers du second quatrain ;
3° le premier et le second vers du premier tercet ;
4° le troisième vers du premier tercet et le second vers du second tercet ;
5° le premier et le troisième vers du second tercet.

Si l'on introduit dans cet arrangement une modification quelconque,
Si l'on écrit les deux quatrains sur des rimes différentes,
Si l'on commence par les deux tercets, pour finir par les deux quatrains,
Si l'on croise les rimes des quatrains
Si l'on fait rimer le troisième vers du premier tercet avec le troisième vers du deuxième tercet - ou encore le premier vers du premier tercet avec le premier vers du du deuxième tercet,
Si enfin on s'écarte, pour si peu que ce soit, du type classique,

Le Sonnet est irrégulier.

Le dernier vers du Sonnet doit contenir un trait - exquis, ou surprenant, ou excitant l'admiration par sa justesse et par sa force.
Lamartine disait qu'il doit suffire de lire le dernier vers d'un Sonnet ; car, ajoutait-il, un Sonnet n'existe pas si la pensée n'en est pas violemment et ingénieusement résumée dans le dernier vers.
Le poète des Harmonies partait d'une prémisse très juste, mais il en tirait une conclusion absolument fausse.

OUI, le dernier vers du Sonnet doit contenir la pensée du Sonnet tout entière. - NON, il n'est pas vrai qu'à cause de cela il soit superflu de lire les treize premiers vers du Sonnet. Car dans toute oeuvre d'art, ce qui intéresse, c'est l'adresse de l'ouvrier, et il est on ne peut plus intéressant de voir :

Comment il a développé d'abord la pensée qu'il devait résumer ensuite,

Et comment il a amené ce trait extraordinaire du quatorzième vers - qui cesserait d'être extraordinaire s'il avait poussé comme un champignon.

Enfin, un Sonnet doit ressembler à une comédie bien faite, en ceci que chaque mot des quatrains doit faire deviner - dans une certaine mesure - le trait final, et que cependant ce trait final doit surprendre le lecteur - non par la pensée qu'il exprime et que le lecteur a devinée -, mais par la beauté, la hardiesse et le bonheur de l'expression. C'est ainsi qu'au théâtre un beau dénouement emporte le succès, non parce que le spectateur ne l'a pas prévu - il faut qu'il l'ait prévu -, mais parce que le poète a revêtu ce dénouement d'une forme plus étrange et plus saisissante que ce qu'on pouvait imaginer d'avance.

Le Haïku

Le haïku est un petit poème composé de trois vers respectivement de 5, 7 et 5 syllabes. Il comporte toujours une référence à la nature. Il exprime une sensation ténue, une impression ineffable, il rend compte d'une sorte d'illumination, d'étonnement éprouvé par le poète devant des choses communes, banales: le bruit de la pluie, le reflet de la lune dans l'étang, un objet, un animal, un marcheur solitaire, etc.
Il est important de noter que le but du haïku est de nommer les choses directement, d'où l'absence caractéristique de la métaphore, qui est un moyen détourné de dire la réalité. Les choses dans le haïku ne sont pas là comme symboles, ne renvoient pas à une signification située au- delà du sens littéral, elles sont nommées pour elles- mêmes. Le haïku doit se lire à la lettre.

Le pantoum

Définition:
pantoum ou pantoun, n.m., poème d'origine malaise à forme fixe.
Adapté en France par les poètes romantiques, il est composé de quatrains à rimes croisées, dont le deuxième et le quatrième vers sont repris comme premier et troisième vers du quatrain suivant.
Hugo, Baudelaire, Leconte de Lisle, Banville ou Verlaine ont écrit des pantoums.
Deux thèmes y sont traités parallèlement, l'un dans les deux premiers vers, l'autre dans les deux derniers de chaque strophe.

Le pantoum est tout moderne en français.
L'idée en fut suggérée par la traduction d'un pantoum ou chant malais que V. Hugo donna dans les notes des Orientales en 1829, et dont Th. Gautier ne tarda pas à faire une imitation en vers.
Mais ce n'est qu'une vingtaine d'années plus tard qu'on tenta d'acclimater ce poème dans notre langue.
Il est écrit en strophes de quatre vers à rimes croisées construites de telle sorte que le deuxième et le quatrième vers de chacune passent dans la suivante pour en former le premier et le troisième vers; le premier vers de la pièce doit en outre revenir à la fin, comme dernier vers.
Telle est la structure matérielle du poème, mais ce ne sont pas ces répétitions qui en constituent la particularité vraiment originale; il développe dans chaque strophe, et d'un bout à l'autre, deux idées différentes, l'une remplissant les deux premiers vers de chaque strophe et l'autre les deux derniers.
Généralement la première est plutôt extérieure et pittoresque, l'autre intime et morale.
Ces deux idées n'ont rien de commun, mais il est facile de comprendre quels effets un poète peut tirer de la poursuite de ces deux motifs différents, de ces deux antithèses continuellement parallèles, qui se lient tout en s'opposant.
Voici un pantoum (Harmonie du soir) de Charles Baudelaire, qui en dira plus qu'unlong discours.:

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir,
Valse mélancolique et langoureux vertige!

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir;
Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige;
Valse mélancolique et langoureux vertige!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir!
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,
Du passé lumineux recueille tout vestige!
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Son souvenir en moi luit comme un ostensoir!

La ballade

Ce genre poétique apparaît au XIVe siècle. Le mot vient de l'ancien provençal ballada, qui signifie "danse" car le texte était inséparable de la musique. Malgré cela, il finit par être dissocié de la musique, mais la musicalité est créée dans l'écriture même du poème. En effet, la ballade a la particularité de répéter un même vers, le refrain, à la fin de chacune des trois strophes de huitains qui la composent ainsi qu'à la fin de l'envoi de quatre vers. L'ensemble de la ballade est constitué d'octosyllabes et les rimes y sont croisées.

En principe, l'envoi d'une ballade commence toujours par le mot Prince.

Composition d'une ballade
révision sur l'observation de ballades d'Eustache Deschamps et de François Villon.

grande ballade

trois dizains de décasyllabes et un quatrain de décasyllabes, l'envoi
utilise quatre rimes A,B,C,D.
dans les trois dizaines elles sont disposées ABABBCCDCD, dans l'envoi elles sont CCDCD.

petite ballade

trois huitains d'octosyllabes et un quatrain d'octosyllabes, l'envoi
utilise trois rimes A, B, C
dans les trois huitains, les rimes sont disposées : ABABBCBC, dans l'envoi c'est BCBC. (on dit parfois que l'envoi reprend le schéma de la deuxième moitié des autres strophes.)
Dans les deux cas
le dernier vers de toutes les strophes est le même, c'est un refrain ;
l'envoi débute par l'apostrophe de la personne à qui est dédié le poème, souvent Prince.[b]

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Re: LES DIFFERENTS TYPES DE POEMES

Message  ELYSE le Mer 31 Mar - 10:12

Beaucoup de questions auxquelles répondre et je vais simplement pour le moment te copier-coller le texte dont je me sers depuis le début, où comme toi j'ai voulu me parfaire ( et c'est pas encore gagné !) dans l'art de la poésie classique...

[b]Théodore de Banville, Petit traité sur le Sonnet[/b]

Le Sonnet est toujours composé de deux quatrains et de deux tercets

Dans le Sonnet régulier - riment ensemble :

1° le premier, le quatrième vers du premier quatrain ; le premier et le quatrième vers du second quatrain ;
2° le second, le troisième vers du premier quatrain ; le second et le troisième vers du second quatrain ;
3° le premier et le second vers du premier tercet ;
4° le troisième vers du premier tercet et le second vers du second tercet ;
5° le premier et le troisième vers du second tercet.

Si l'on introduit dans cet arrangement une modification quelconque,
Si l'on écrit les deux quatrains sur des rimes différentes,
Si l'on commence par les deux tercets, pour finir par les deux quatrains,
Si l'on croise les rimes des quatrains
Si l'on fait rimer le troisième vers du premier tercet avec le troisième vers du deuxième tercet - ou encore le premier vers du premier tercet avec le premier vers du du deuxième tercet,
Si enfin on s'écarte, pour si peu que ce soit, du type classique,

Le Sonnet est irrégulier.

(...)

Le dernier vers du Sonnet doit contenir un trait - exquis, ou surprenant, ou excitant l'admiration par sa justesse et par sa force.
Lamartine disait qu'il doit suffire de lire le dernier vers d'un Sonnet ; car, ajoutait-il, un Sonnet n'existe pas si la pensée n'en est pas violemment et ingénieusement résumée dans le dernier vers.
Le poète des Harmonies partait d'une prémisse très juste, mais il en tirait une conclusion absolument fausse.

OUI, le dernier vers du Sonnet doit contenir la pensée du Sonnet tout entière. - NON, il n'est pas vrai qu'à cause de cela il soit superflu de lire les treize premiers vers du Sonnet. Car dans toute oeuvre d'art, ce qui intéresse, c'est l'adresse de l'ouvrier, et il est on ne peut plus intéressant de voir :

Comment il a développé d'abord la pensée qu'il devait résumer ensuite,

Et comment il a amené ce trait extraordinaire du quatorzième vers - qui cesserait d'être extraordinaire s'il avait poussé comme un champignon.

Enfin, un Sonnet doit ressembler à une comédie bien faite, en ceci que chaque mot des quatrains doit faire deviner - dans une certaine mesure - le trait final, et que cependant ce trait final doit surprendre le lecteur - non par la pensée qu'il exprime et que le lecteur a devinée -, mais par la beauté, la hardiesse et le bonheur de l'expression. C'est ainsi qu'au théâtre un beau dénouement emporte le succès, non parce que le spectateur ne l'a pas prévu - il faut qu'il l'ait prévu -, mais parce que le poète a revêtu ce dénouement d'une forme plus étrange et plus saisissante que ce qu'on pouvait imaginer d'avance.


Lien internet : http://membres.multimania.fr/jccau/ressourc/sonnet/ un cours très complet sur le genre du sonnet, avec de nombreux exemples de sonnets italiens et français, et une anthologie de textes théoriques.

[u]

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LE VERS LIBRE

Message  ELYSE le Ven 7 Nov - 17:28


LE VERS LIBRE

Depuis le XIXème siècle, la poésie est influencée par l’aspiration romantique et la promotion du MOI, dont l’expression des sentiments intimes autant que des aspirations engagées socialement,politiquement ou philosophiquement dans un combat pour l'amélioration d'un devenir.

Fît de ses âges d'éloges courtisanes et de faire valoir créatif, la poésie arrachée aux archives du XXème siècle tend à reprendre la rue à travers l'explosion d'une expression libre issue de la rue où le code même de sa nature est prise pour censure au nom de la poésie libre. Alors nait la confusion entre l'extrait même en vers d'un journal intime à l'exposition presque exhibitionniste de son auteur pour exister, et l'art de donner un regard sur une vision.

Aussi flatté et rassuré par une mauvaise définition du vers libre qui est loin d'être dépourvu de règles, le poète dit moderne s'acharne à espérer créer dans le flot d'une écriture intuitive automatique ce que la poésie urbaine nommée slam, pourtant décrit bien par le jeu des allitérations et du rythme.

Caractéristiques:

- Aucune règle définie
- Écrire "beau, grand et fort"
- Nécessité de l'originalité et de la musicalité
- Satisfaire l'œil et l'oreille en comblant l'esprit.
- Ils restent identifiables en tant que vers par l'emploi de la majuscule en début de ligne, et par le fait d'aller à la ligne.

Un poème en vers libres est un poème qui ne présente aucune structure périodique régulière : ni vers mesurés, ni rimes, ni strophes. Cependant, il conserve certaines caractéristiques du vers : au minimum, la présence d'alinéas d'une longueur inférieure à la phrase, grâce à quoi le vers libre reste identifiable comme vers. D'autres caractéristiques rappelant la poésie régulière peuvent apparaître : une mise en page laissant respirer les blancs, la présence de majuscules en début de ligne, des échos sonores (certains vers-libristes maintiennent même pour l'essentiel le principe de la rime ou de l'assonance en fin de vers), des effets d'enjambement, des longueurs métriques variables mais repérables, des séquences de vers de dimensions variables séparées par un saut de ligne (simili strophes), etc.
tiré d'un article paru ici:http://moulayidriss1ercasa.e-monsite.com/categories-de-pages-/espace-enseignant/enseignement-de-francais/la-poesie-en-vers-libres.html


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"poétes , frères de lumière, réchauffez-nous de vos mots"

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Le GHAZEL OU GHAZAL

Message  ELYSE le Ven 7 Nov - 17:58

Le ghazel
Message ELYSE le Sam 13 Fév 2010 - 13:12

Le ghazel
Le ghazel est un court poème lyrique de la poésie turque et persane. Ce poème est un dizain d’alexandrins construit sur trois rimes et divisé en trois strophes de 2 - 4 et 4 vers.
En principe, les deux premiers vers sont à rimes masculines.
Les rimes sont distribuées en AA - BBBA - CCCA.


Les règles du ghazal

1. Le ghazal comporte en général de 5 à 15 couplets de deux vers chacun (ces distiques sont appelés sher). Chacun de ces couplets est considéré comme une entité indépendante au point de vue du sens. Il n’y pas d’enjambements entre les couplets. Le ghazal est donc une collection de shers et chaque couplet doit être un poème en lui-même. Il arrive qu’on les compare aux perles d’un même collier.

2. Le premier couplet ou sher est appelé matla. Chaque ligne se termine par le même refrain ou radif qui peut être un mot ou un court segment de phrase. Ce refrain apparaît ensuite à la deuxième ligne de chacun des couplets suivants (c’est la règle dite du radif). Le schéma est donc 1/1, 2/1, 3/1, 4/1, 5/1 et ainsi de suite.

3. Deux autres règles s’appliquent à la forme stricte du ghazal. Les vers doivent être de longueur équivalente (règle du beher ou mètre). Le ghazal est donc une collection de shers de même mètre.
L’autre règle enfin est plus difficile à expliquer, elle a le nom de kaafiyaa et consiste à introduire une rime intérieure qui doit se retrouver avant chaque radif ou refrain !

4. Enfin le ghazal se termine par un couplet appelé maqta et qui inclut souvent sous une forme ou une autre la signature du poète (ce peut-être son pseudonyme ou quelque chose qui le symbolise).

Résumé : le ghazal est une collection de shers de métrique identique se terminant par le(s) même(s) mot(s) refrain précédé du même motif rimé.

Exemples

Et bien comme toujours, difficulté à trouver un ghazal exemplaire surtout en français.
Je propose cet exemple qui est en fait une chanson populaire afghane et qui ne suit pas, loin de là, toutes les règles énoncées ci-dessus

Je propose ici également, toujours à titre de démonstration, un ghazal

GHAZAL DU SILENCE
longue en mémoire une blessure celle du silence
lente comme absence une morsure celle du silence

mémoire affleurant une caresse celle d’un regard
absence et oubli comme à la jointure du silence

mémoire cicatrice lancinante rengaine flux et reflux
souvenir du désir désir de rupture du silence

regard perdu suis ce papillon jaune qui volète
dans le cœur qui papillonne une fêlure celle du silence

butine et abandonne prends et chasse recueille et étouffe
sur la peau dans la paume la froidure celle du silence

dans la flore du jardin l’abeille n’a pu faire son miel
réminiscences absence boutures du silence


hé bien il y a du travail sur la planche !!!



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REGLES DE LA BALLADE

Message  ELYSE le Ven 7 Nov - 18:01

Règles de la Ballade.
Message ELYSE le Mar 4 Oct 2011 - 10:20

Formes fixes

La ballade :

Sa forme:
Dans sa forme régulière, la ballade est un petit poème composé de trois strophes

Toutes les strophes ou couplets sont sur les mêmes rimes, et les rimes ne sont qu'au nombre de trois dans le poème entier.


Les rimes sont réparties selon la structure ABAB BCBC ou ABAB BCC DCD.
Le dernier vers de chaque strophe et de l'envoi est le même et se nomme refrain.

Le plus souvent, la ballade comporte ou des strophes de huit octosyllabes avec un envoi de quatre vers, ou des strophes de dix décasyllabes avec un envoi de cinq vers.

Le couplet, grâce à des rimes redoublées, peut avoir jusqu'à douze vers

Des contraintes formelles :

Les contraintes formelles, qui exigent du poète une grande virtuosité, servent à créer un certain nombre d'effets :

1)Les rimes disposées selon un ordre prédéterminé donnent au poème une unité sonore.
Elles peuvent aussi créer des liens de sens entre les mots qu'elles rapprochent.

2) Le refrain sert à marquer l'idée ou le thème de la ballade, pour insister sur une souffrance :le poète évoque souvent, dans la ballade son propre malheur.

Les sujets abordés :

Les sujets abordés dans la ballade sont très variés:

- la vie politique
- les mœurs dans la société
- la condition de l'homme
- la religion
- l'histoire personnelle du poète, etc.

Mais le sujet qui revient le plus souvent, c'est évidemment la vie amoureuse...

Elle est traitée comme dans les chansons des troubadours du XIIIe siècle), donc suivant la tradition courtoise.

Le poète évoque les joies et surtout les peines que lui donne son amour pour une femme de préférence lointaine


Le lyrisme:


La ballade est une forme privilégiée pour le lyrisme personnel. Mais, à la différence des poètes romantiques, le poète du Moyen Âge n'écrit pas gratuitement, pour lui-même, sans souci des autres. Il fait partie d'une communauté, il vit dans le monde et non hors du monde: sa ballade ou sa complainte est toujours adressée à quelqu'un. C'est pourquoi la ballade se termine par ce qu'on a appelé l'envoi: le poète envoie justement son texte à un prince, un seigneur, à une personne aimée...

Il raconte sa vie intime ou s'apitoie sur son malheur pour toucher cette personne, pour attirer sa pitié ou sa douceur.

Origines.:

- Le mot ballade vient de l'ancien provençal ballada, qui signifie "danse": la ballade était à l'origine, aux alentours de 1250, une chanson de danse; elle était inséparable de la musique.

La ballade était fort en honneur au Moyen Age.Le maître en ce genre restera toujours François Villon, qui écrivit la célèbre Ballade des dames du temps jadis, et celle, peut-être plus belle encore, qu'il composa au moment où il s'attendait à être pendu (l'Épitaphe Villon). La voici :

Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les cuers contre nous endurcis,
Car si pitié de nous povres avez
Dieu en aura de vous plus tost merci;
Vous nous voyez cy attachez, cinq, six;
Quant de la chair, que trop avons nourrie,
Elle est pièça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et pouldre.
De nostre mal personne ne s'en rie,

Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre.

Se vous clamons frères, pas n'en devez
Avoir desdaing, quoyque fusmes occis
Par justice. Toutesfois, vous sçavez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le Fils de la Vierge Marie.
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale fouldre;
Nous sommes mors, âme ne nous harie,

Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre.

La pluye nous a débüez et lavez.
Et le soleil desséchiez et noircis.
Pies, corbeaulx, nous ont les yeux cavez,
Et arraché la barbe et les sourciz,
Jamais nul temps nous ne sommes assis;
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charie,
Plus becquetez d'oyseaulx que dez à couldre
Ne soiez donc de nostre confrairie,

Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre,

Prince Jhesus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ayt de nous seigneurie,
A luy n'ayons que faire ne que souldre;
Hommes, icy n'a point de mocquerie;

Mais priez Dieu que tous nous veuille absouldre.

François Villon



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Re: LES DIFFERENTS TYPES DE POEMES

Message  ELYSE le Sam 8 Nov - 14:17

Le trivers
Message ELYSE le Jeu 29 Sep 2011 - 9:22

Le trivers, forme fixe de poème inventée par Guy Foulon, se compose de 3 quatrains :

Le 1er quatrain est en rimes masculines alternées, le 1er et le 3ème vers rimant ensemble ;
Le 2ème quatrain est en rimes féminines alternées, le 1er et le 3ème vers rimant ensemble ;
Le 3ème quatrain est en rimes féminines et masculines alternées sans ordre imposé, le 1er et le 3ème vers rimant ensemble.

Les mètres préconisés sont l'alexandrin et l'octosyllabe, avec une préférence pour ce dernier, contenant une césure de rigueur.

Son schéma est :

ABAB-CDCD-EFEF

avec rimes mmmm-ffff-mfmf (où "f" est une rime féminine et "m" une rime masculine).



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LE TRIOLET

Message  ELYSE le Sam 8 Nov - 14:39

Le triolet
Message  Clari le Dim 8 Nov 2009 - 18:00

Le triolet date du Moyen-Age ; il a été repris au 19e siècle par Alphonse Daudet notamment ; il ne comprend que huit vers sur deux rimes, le quatrième répétant le premier, les deux derniers répétant les deux derniers, ce qui nous donne le schéma suivant :
abaa abab
Ce sera plus compréhensible avec un exemple (j'ai souligné d'une part et mis en gras d'autre part les vers identiques) :

Le premier jour du mois de mai
Fut le plus heureux de ma vie.
Le beau dessein que je formai
Le premier jour du mois de mai !

Je vous vis et je vous aimai :
Si ce dessein vous plut, Sylvie,
Le premier jour du mois de mai
Fut le plus heureux de ma vie.

Jacques de Ranchin.

Il ne reste plus qu'à ajouter qu'il a souvent un rôle satirique, mais pas systématiquement.

Oups j'ai fait une petite erreur  Embarassed
"les deux derniers répétant les deux premiers" et non "derniers"  Embarassed
(Désolé !!!)


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LE MAILLET

Message  ELYSE le Sam 8 Nov - 14:42

LE MAILLET


Le maillet se compose de 4 quatrains..

La structure consiste à faire glisser le premier vers d'un cran, d'un quatrain à l'autre..

Ainsi en fin de texte, le premier vers se retrouvera être le dernier..

Schématique :

1XXX
X1XX
XX1X
XXX1



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LA COMPLAINTE

Message  ELYSE le Sam 8 Nov - 14:49

La complainte
V
Une complainte est une chanson formée de nombreux couplets et dont le sujet est le plus souvent sombre voire tragique. À l’opposé de la chanson de geste relatant des épopées héroïques et légendaires, c’est un poème aux formes variables mettant en scène les épreuves d’un personnage souvent réel dont l’adversité et l’infortune tournent au drame.

Au niveau poétique et prosodique, la complainte se distingue des autres formes poétiques médiévales par l'insistance des rimes. C'est pourquoi elle adopte souvent la disposition du lai, l'alternance de deux mètres sur deux rimes seulement. En voici sa formule : A7 a3 B7 A7 a3 B7 B7 b3 A7 A7 B7 b3 A7, où les lettres (A,B) représentent les rimes, les minuscules et majuscules (a,b,A,B) réprésentent le genre des rimes (féminine ou masculine) et les chiffres (3,7) représentent le nombre de pieds.

Re: La complainte


http://flormed.e-monsite.com/rubrique,complainte,406433.html

Vous pourrez aller voir sur ce lien, qui indique toutes les formes de complaintes..

allez à vos stylos pour ceux qui veulent s'éclater les neurones.







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LA POESIE NEO CLASSIQUE

Message  ELYSE le Sam 8 Nov - 14:52



b) Poésie néo-classique (moderne)

La poésie moderne ou néo-classique respecte l'essentiel, la forme générale et « l'esprit » des règles classiques, mais en oublie la rigueur, en tout ou en partie :

- la rime est « à l'oreille », elle n'obéit plus aux critères d'orthographe, d'étymologie... ;
- pas d'alternance entre rimes masculines et féminines ;
- non respect de la césure, de l'hémistiche ;
- non-élision des « e » muets ;
- non respect des diérèses ou utilisation de la licence poétique (qui permet à l'auteur de décider de la diérèse ou de la synérèse) ;
- hétérogénéité des strophes (métriques différentes, mais avec une structure reconnaissable)
- sonnet à structure de rimes irrégulières ;
- ...

En revanche, elle continue à appliquer certaines des règles et conventions d'apparence :

- mise en forme en strophes ;
- majuscules en début de vers ;
- recherche de la rime, même si celle-ci n'est pas aussi « poussée » qu'en classique ;
- orthographe, grammaire, syntaxe et ponctuation irréprochables, le PTS pouvant être utilisé de la même façon et pour les mêmes raisons qu'en classique.

Autrement dit, la poésie moderne, plus exactement néo-classique, se libère des carcans les plus rigides du classicisme pour être plus proche de la vie, de la spontanéité et du jaillissement.
Mais attention, elle ne réduit en rien le travail et l'exigence : le moderne n'est pas du classique « au rabais ». C'est pour cela que nous resterons vigilants et exigeants sur la qualité d'écriture, qui doit respecter les canons de la langue, sa syntaxe et ses règles.


[u]



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Introduction au PANTOUM ou Pantun

Message  ELYSE le Sam 8 Nov - 18:08

Introduction au PANTOUM (ou Pantun)

Pantoum

Définition

Le pantoum consiste en une suite de quatrains (d'octosyllabes ou de décasyllabes - le même mètre est conservé dans tout le poème.) où s'appliquent deux systèmes de reprises :

- Le deuxième et le quatrième vers de chaque strophe sont repris respectivement comme premier et troisième vers de la strophe suivante,
- Le tout dernier vers du poème reprend le premier.

L'alternance des rimes masculines et féminines impose un nombre de quatrains pair.

Le nombre de quatrains est illimité, mais doit être supérieur à six d'après de Banville.

Cette forme permet de donner au poème une musicalité particulière très typée.
La particularité vraiment originale du pantoum réside dans le sens : il développe dans chaque strophe, tout au long du poème, deux idées différentes :

- La première idée, contenue dans les deux premiers vers de chaque strophe, est généralement extérieure et pittoresque.
- La deuxième idée, contenue dans les deux derniers vers de chaque strophe, est généralement intime et morale.

]Origine
Le pantoum français dérive du « pantun berkait » malais, c'est-à-dire "pantoun enchaîné", à cause du mécanisme de reprise des vers. Un pantun malais en tant que tel est constitué d'un quatrain unique.

Histoire du pantoum en France
« Dans une des notes de ses Orientales, Victor Hugo, en 1828, avait cité, traduite en prose, une poésie malaise de cette forme, d'où se dégageait une séduction singulière, due non seulement à la répétition des vers selon un certain ordre, mais au parallélisme de deux idées se poursuivant de strophe en strophe, sans jamais se confondre, ni pourtant se séparer non plus, en vertu d'affinité mystérieuses.
Un poète érudit, Charles Asselineau, essaya de constituer un poème français sur ce modèle, et y parvint. Théodore de Banville marcha sur ses traces ; Leconte de Lisle écrivit à son tour quelques pantoums, sur un sujet qui ramenait le poème à son pays d'origine, car il les intitula : Pantoums Malais. C'était, en cinq courtes pièces, une histoire d'amour, terminée par les lamentations de l'amant, meurtrier de la femme infidèle. » (Auguste Dorchain)

Exemples
La deuxième occurrence des vers répétés est mise en évidence en gras.

Pantoun malais, de Leconte de Lisle

Ô mornes yeux ! Lèvre pâlie !
J’ai dans l’âme un chagrin amer.
Le vent bombe la voile emplie,
L’écume argente au loin la mer.

J’ai dans l’âme un chagrin amer :
Voici sa belle tête morte !
L’écume argente au loin la mer,
Le praho rapide m’emporte.

Voici sa belle tête morte !
Je l’ai coupée avec mon kriss.
Le praho rapide m’emporte
En bondissant comme l’axis.

Je l’ai coupée avec mon kriss ;
Elle saigne au mât qui la berce.
En bondissant comme l’axis
Le praho plonge ou se renverse.

Elle saigne au mât qui la berce ;
Son dernier râle me poursuit.
Le praho plonge ou se renverse,
La mer blême asperge la nuit.

Son dernier râle me poursuit.
Est-ce bien toi que j’ai tuée ?
La mer blême asperge la nuit,
L’éclair fend la noire nuée.

Est-ce bien toi que j’ai tuée ?
C’était le destin, je t’aimais !
L’éclair fend la noire nuée,
L’abîme s’ouvre pour jamais.

C’était le destin, je t’aimais !
Que je meure afin que j’oublie !
L’abîme s’ouvre pour jamais.
Ô mornes yeux ! Lèvre pâlie !

Pantoum, de Louisa Pène-Siefert
(Louisa Pène-Siefert (1845-1877) a écrit le Pantoum suivant : Ce texte merveilleux, écrit par une jeune femme de 20 ans, enlace le thème du temps qui passe, au sens chronologique du terme, annonce d'une mort précoce, et celui du temps des saisons qui s'écoule et voit le retour de l'automne, précédant l'hiver. Les deux thèmes sont liés par cette fuite irrémédiable, l'un étant l'allégorie de l'autre.)

Vraiment j'ai vingt ans révolus,
Ma première enfance est enfuie.
- Hélas ! les beaux jours ne sont plus,
C'est l'automne, voici la pluie.

Ma première enfance est enfuie,
Mes premiers muguets sont passés.
- C'est l'automne, voici la pluie,
Les nuages sont amassés.

Mes premiers muguets sont passés,
Mon aubépine est effeuillée.
- Les nuages sont amassés,
La prairie est toute mouillée.

Mon aubépine est effeuillée,
Et j'ai pleuré sur ses débris.
- La prairie est toute mouillée,
Plus de soleil, le ciel est gris.

Et j'ai pleuré sur ses débris.
Pourtant, ce n'était rien encore.
- Plus de soleil, le ciel est gris,
Le bois de rouge se colore.

Pourtant ce n'était rien encore,
D'autres fleurs s'ouvraient sous mes pas.
- Le bois de rouge se colore
Mais le beau temps ne revient pas.

D'autres fleurs s'ouvraient sous mes pas
J'ai teint de mon sang leurs épines.
- Mais le beau temps ne revient pas,
La sève descend aux racines.

J'ai teint de mon sang leurs épines.
Adieu, fleurs qu'on ne peut cueillir.
La sève descend aux racines,
La nature va défaillir.

Adieu, fleurs qu'on ne peut cueillir :
Joie, amour, bonheur, espérance !
- La nature va défaillir
Dans une indicible souffrance.

Joie, amour, bonheur, espérance,
Que vous étiez beaux autrefois !
- Dans une indicible souffrance,
Faut-il que tout meure à la fois ?

Que vous étiez beaux autrefois,
Au clair soleil de la jeunesse !
- Faut-il que tout meure à la fois ?
Est-il sûr qu'un jour tout renaisse ?

Au clair soleil de la jeunesse,
Pauvre enfant d'été, moi, j'ai cru.
- Est-il sûr qu'un jour tout renaisse,
Après que tout a disparu ?

Pauvre enfant d'été, moi, j'ai cru !
Et tout manque où ma main s'appuie.
Après que tout a disparu,
Je regarde tomber la pluie.

Et tout manque où ma main s'appuie.
Hélas ! les beaux jours ne sont plus.
Je regarde tomber la pluie...
Vraiment, j'ai vingt ans révolus.

Bibliographie
Pour en savoir plus :
- sur le pantun malais : La lune et les étoiles de François-René Daillie, Editions des Belles Lettres, coll. Architecture du verbe.
- sur le pantoum occidental : Échelle et papillons, de l'oulipien Jacques Jouet, aux mêmes éditions. [b]

Merci à ces auteurs et à Wikipedia!
Au travail!



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Re: LES DIFFERENTS TYPES DE POEMES

Message  ELYSE le Sam 8 Nov - 18:22

Terza Rima
Message ELYSE le Lun 8 Fév 2010 - 10:20

terza rima
ou terzina
Forme de poème pratiquée en Italie au Moyen Âge et à la Renaissance et dont la structure est fondée sur le tercet. Importé en France au XVIe s., ce type de poème, de longueur indéterminée, est généralement écrit en alexandrins et se définit par la distribution des rimes :
le premier vers rime avec le troisième,
le second avec le quatrième et le sixième,
le cinquième avec le septième et le neuvième,

et ainsi de suite. Autrement dit, sauf la première et la dernière, chaque rime est reprise trois fois. Typographiquement, le texte est disposé en groupes de trois vers séparés par des blancs, le dernier vers restant isolé.





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Le FATRAS

Message  ELYSE le Sam 8 Nov - 18:28

LE FATRAS Et ses règles


Le fatras est un poème à forme fixe datant du Moyen Âge et ayant disparu avec le début de la Renaissance.

Le fatras est un poème de "non-sens" selon la terminologie de l'humour anglais. Ce poème, apparenté à la fatrasie, cultive l'absurde et l'impossible.

Il commence par un distique, le plus souvent emprunté à un autre poème, suivi d'un onzain.
Le 1er vers du distique commence le onzain, et le 2ème vers du distique termine le poème qui contient donc au total 13 vers dont deux sont répétés.

Le fatras s'écrit sur deux rimes, données par le distique d'introduction.

La plupart du temps, il s'écrit en octosyllabes. La longueur du vers est donnée par la longueur des vers du distique. Le poème est isométrique (tous les vers ont la même longueur).

A(vers1)B(vers2) - A(vers1)ABAABBABAB(vers2)

Fatras de Watriquet de Couvin (vers 1325) [modifier]


Doucement me reconforte
Celle qui mon cuer a pris.

Doucement me reconforte
Une chate a moitié morte
Qui chante touz les jeudis
Une alleluye si forte,
Que li clichés de nos porte
Dist que siens est li lendis ;
S’en fu uns loup si hardis
Qu’il ala maugré sa sorte
Tuer Dieu en paradis
Et dist : - « Compains, je t’apporte
Celle qui mon cuer a pris. »

Soit, en "traduction" moderne

Doucement me réconforte
Celle qui mon cœur a pris.


Doucement me réconforte
Une chatte à moitié morte
Qui chante tous les jeudis
Une alléluia si forte
Que les clenches de nos portes
Dirent que leur est lundi,
S’en fut un loup si hardi
Qu’il alla, malgré sa sorte,
Tuer Dieu en paradis,
Et dit : « Copain, je t’apporte
Celle qui mon cœur a pris. »

Le Double Fatras est composé de deux Fatras simples, le premier traitant les vers du distique dans l'ordre où ils se présentent, le second inversant leur ordre. Voici la formule de l'ensemble :

A(vers1)B(vers2) - A(vers1)ABAABBABAB(vers2) - B(vers2)A(vers1)- B(vers2)BABBAABABA(vers1)

Double fatras de Jean Molinet (1435-1507) [modifier]


Ma très douce nourriture,
Quel déplaisir me fais-tu !

Ma très douce nourriture !
Tu avais en ma clôture
Femme pleine de vertus
Et précieuse vêture ;
Mais tu as changé pâture
Et puis tu es revenu,
Et je t’ai entretenu
Comme on fait, à l’aventure,
Un pèlerin mal vêtu ;
Mon seul fils, ma géniture,
Quel déplaisir me fais-tu !

Que déplaisir me fais-tu,
Ma très douce nourriture !

Quel déplaisir me fais-tu !
Tu n’ajoutes un fétu
A ma grand déconfiture ;
Dix et sept ans inconnu,
Comme étranger pauvre et nu,
As été en notre cure,
Voyant le pleur, soin et cure
Que pour toi ai soutenu,
Mais de ma douleur obscure,
Ne t’es guère souvenu,
Ma très douce nourriture.

documentation de : http://fr.wikipedia.org/wiki/Fatras




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Les 21 préceptes du Renku

Message  ELYSE le Sam 8 Nov - 18:33

Les 21 Préceptes d'une Session de Renku


LES 21 PRECEPTES AUXQUELS SE CONFORMER
DANS UNE SESSION DE RENKU (RENGA)



1.
Avoir expédié la veille toutes ses affaires courantes, et se présenter l'esprit libre.

2.
Le matin, chanter des poèmes chinois et japonais, les savourer, se purifier l'esprit, comme si on allait entrer dans une phase de méditation.

3.
Prenant place pour la session, éviter les anecdotes et les rires. Entre les strophes, ne pas chuchoter, ni appeler les domestiques; ne pas lire ni écrire. Etc.

4.
A partir de la quatrième strophe, aller un petit peu plus vite, sans rien insérer d'inhabituel. Si les invités d'honneur ont déjà composé, laisser les débutants dire leurs vers.

5.
Ne pas réciter ou prononcer de façon inintelligible pour le scribe. Ne pas prononcer trop fort. Réciter avec clarté et calme.

6.
Ne pas bouder si la strophe est refusée par le jury. Ne pas railler les fautes d'autrui. Etre doux et patient.

7.
Ne pas s'absorber dans la contemplation des sources, mares ou rocs du jardin, ou des rouleaux aux murs ou paravents. Ne pas dévisager les autres participants.

8.
Ne pas jeter des coups d'oeil par ci par là, ne pas se tortiller, ni se pencher en avant, ni mettre son éventail devant son visage.

9.
Ne pas tripoter son rosaire ou réciter à haute voix des soutras à une session de renku.

10.
Ne pas s'éventer ostensiblement, ni se moucher fort, ni cracher, ni dégager sa poitrine, ni retrousser ses manches, ni montrer ses tibias, ni bouger ses orteils, ni se mettre la tête entre les mains, ni se moucher avec ses doigts.

11.
La session doit commencer à l'aube et finir au crépuscule.

12.
Etre prudent quand l'hôte compose.

13.
Quand on arrive en retard à une session déjà entamée, aller à sa place à quatre pattes avec les mains et les genoux à terre, sans déranger les vêtements ni les éventails des voisins.

14.
Ne pas porter son chapeau de biais, ni avoir les cheveux en désordre, la robe chiffonnée, la barbe hirsute.

15.
Eviter les vers difficiles, les toponymes étrangers, les mots chinois, la vulgarité.

16.
Quand on arrive en retard, ne pas faire de salutations à voix haute.

17.
Ne pas réciter trop fort ses vers, ni faire un éloge bruyant des vers d'autrui.

18.
Ne pas se relever trop longtemps. On peut quand même se rafraîchir et se rincer la bouche. Ne pas quitter en pleine session.

19.
Ne pas s'enivrer, ni croquer ses aliments, ni mâcher bruyamment, ni boire comme un dragon.

20.
A une session qui se passe devant une sainte image, ne pas manger viande ou poisson avant d'avoir fait cent strophes.

21.
A une session de cent ou de mille strophes, rester assis en silence jusqu'à la fin...

NB :J'ai trouvé ces préceptes dans l'excellent livre :
« Tanka, Haïku, Renga, le triangle magique »
de Maurice Coyaud
Ed. Les belles lettres

Alors vous voyez à côté, je suis plutôt cool!!! Very Happy




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Règle de la villanelle

Message  ELYSE le Sam 8 Nov - 18:35

règles de la villanelle.


La villanelle

La villanelle est une forme poétique pastorale d’origine italienne chargée d’évoquer la douceur. Elle est bâtie au moyen de tercets en nombre impair et d’un quatrain final.
Le mètre est l’heptasyllabe. (Cool
La villanelle est écrite sur deux rimes avec des rimes féminines dominantes pour apporter la fluidité propre à cette forme.
La rime masculine se trouve au deuxième vers de chaque tercet et du quatrain final.

Le premier et le troisième vers du premier tercet sont repris chacun à tour de rôle à la fin de chaque autre tercet puis ensemble à la fin du quatrain final. Le quatrain final se compose d’un vers féminin et d’un vers masculin, suivis des premier et troisième vers du premier tercet.

Le schéma d’ensemble de la villanelle est donc le suivant : A1 B A2 - A B A1 - A B A2 - A B A1 A2.

J’ay perdu ma tourterelle ;
Est-ce point elle que j’oy ?
Je veux aller après elle.

Tu regrettes ta femelle ;
Hélas ! aussy fay-je, moy,
J’ay perdu ma tourterelle.

Si ton amour est fidèle,
Aussy est ferme ma foy :
Je veux aller après elle.

Mort que tant de fois j’appelle,
Prends ce qui se donne à toy !
J’ay perdu ma tourterelle,
Je veux aller après elle.




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