Mon dialogue-complice avec Baudelaire; La sottise, l'erreur.

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Mon dialogue-complice avec Baudelaire; La sottise, l'erreur.

Message  ELYSE le Ven 20 Jan 2017, 10:04

Baudelaire La sottise, l'erreur



Baudelaire La sottise, l'erreur, le péché, la lésine,
Occupent nos esprits et travaillent nos corps,
Et nous alimentons nos aimables remords,
Comme les mendiants nourrissent leur vermine.

Claire
Lorsque nous nous voyons, faut entendre nos voix
Couvrir le haut débit de celui qui nous parle
Sans suivre son débat et plus bavards qu'un harle
Nous haussons tous le ton, comme en un porte-voix

Baudelaire
Nos péchés sont têtus, nos repentirs sont lâches ;
Nous nous faisons payer grassement nos aveux,
Et nous rentrons gaiement dans le chemin bourbeux,
Croyant par de vils pleurs laver toutes nos taches.

Claire
Ce n'est pas en allant au confessionnal
Que nous serons absous de toutes nos bassesses
Car si même entre nous n'existent les confesses
Nous craignons de passer devant leur tribunal

Baudelaire Sur l'oreiller du mal c'est Satan Trismégiste
Qui berce longuement notre esprit enchanté,
Et le riche métal de notre volonté
Est tout vaporisé par ce savant chimiste.

Claire
Le diable n'a plus court, on le craint seulement
Quand la nuit l'on entend nos coeurs dans le silence
Décompter tous les jours cette pauvre existence
Qui nous mène au trépas sans un contentement

Baudelaire
C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent !
Aux objets répugnants nous trouvons des appas ;
Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas,
Sans horreur, à travers des ténèbres qui puent.

Claire
Holà mes compagnons, de suite arrêtez donc
Vous sapez mon moral, avec vos balivernes
Je paye vos écots de ce vin de Sauternes
A la blonde couleur d'un paillage de jonc

Baudelaire
Ainsi qu'un débauché pauvre qui baise et mange
Le sein martyrisé d'une antique catin,
Nous volons au passage un plaisir clandestin
Que nous pressons bien fort comme une vieille orange.

Claire
Ce sont là des plaisirs qu'on ne peut refuser
L'on croit être immortel quand la chair nous titille
Et je ne connais rien de plus beau qu'une fille
Quand sur son corps cambré l'on peut tout y oser.

* oiseau aquatique voisin du canard.





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